Raphael Lemkin, témoin du siècle du génocide

Compte-rendu de l’exposition présentée par l'Institut Pilecki
04/12/18 - 12/02/19


Le 9 décembre 1948, les Nations Unies ont approuvé à l’unanimité la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Le génocide est alors devenu un crime au regard du droit international. Le juriste polonais d’origine juive Raphael LEMKIN, créateur de la notion de « génocide » et rédacteur principal de la convention, était présent ce jour-là dans la salle de l’assemblée.

La notion de génocide constitue une réaction directe à l’expérience de la Seconde Guerre mondiale, et notamment à l’extermination des Juifs au cours de laquelle Lemkin a perdu quasiment toute sa famille. Mais son expérience personnelle de l’antisémitisme dans l’Empire de Russie ainsi que les nouvelles du génocide des Arméniens commis par la Turquie et de la grande famine en Ukraine (Holodomor) furent également les pierres angulaires du concept de génocide. Fondée sur le questionnement « Pourquoi le meurtre d’un million d’hommes est-il un crime moins grand que d’en tuer un seul ? », la réflexion de Lemkin a abouti à la proposition d’une nouvelle appellation pour définir ce type de crime.

Lemkin s’est formé au droit à l’Université Jean Casimir de Lwów, centre de la pensée juridique polonaise à renommée internationale et endroit symbolique pour la tradition de nombreuses nations, religions et cultures. Il a complété ses études par un doctorat sous la direction du professeur Juliusz Makarewicz, le « père » du Code pénal polonais de 1932. L’ouvrage de Lemkin intitulé « Axis Rule in Occupied Europe » (« Le régime de l’Axe dans l’Europe occupée »), publié à Washington en 1944, a fondé les « genocide studies ». C’est dans ce livre qu’est apparu pour la première fois le terme de « génocide » pour définir le crime consistant en l’élimination physique délibérée et intentionnelle ou la création des conditions pour l’élimination de communautés entières telles que des nations, des groupes ethniques, religieux ou de race, en fonction de leur différence.

La convention sur le génocide, appelée aussi convention de Lemkin constitue jusqu’à aujourd’hui la base du droit pénal international.

Nous présentons ci-dessous le compte-rendu de l’exposition temporaire qui a eu lieu à Kordegarda, Galerie du Centre National pour la Culture à Varsovie du 4.12.2018 au 6.01.2019. L’exposition a été préparée par l’Institut Pilecki dans le cadre du projet Lemkin 2018-2023.


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